URGENCE NATIONALE : DE NOUVEAUX POUVOIRS POUR OBAMA !

Publié le par frenchpuma

French article ; English article below

Hier soir, je regardais les télés américaines, et je n'en croyais pas mes yeux...


Tout d'abord, j'apprenais que Barack Obama a proclamé un état d'urgence sanitaire  sur l'épidémie de grippe A/H1NI, après le décès de plus de 1000 personnes dans le pays, a annoncé samedi la Maison Blanche dans un communiqué.

"Etat d'urgence ?"
Et bien, dites-moi, ça ne me semble pas très bon tout ça !


L'Amérique est-elle en train de lancer une nouvelle guerre ?

Ensuite, et en effet, les images que je voyais hier soir sur mon écran n'avaient rien de rassurant : elles me faisaient plus penser à un pays du Tiers-Monde, car on y voyait des milliers de gens en train de faire la queue en pleine nuit pour avoir la chance au petit matin de faire partie des veinards qui recevraient leur dose de vaccin. Il y a déjà une pénurie de ces vaccins, alors que l'hiver n'a même pas commencé !


Some of the 1,200 people who braved rain and 39 degree (3 degrees Celcius) temperatures queue to receive a free H1N1 flu vaccine at Richard J. Daley College in Chicago, October 24, 2009. U.S. President Barack Obama has declared 2009 H1N1 swine flu a national emergency, the White House said on Saturday. REUTERS

En France, le gouvernement a commandé des millions de doses de vaccins, et il se retrouve maintenant avec toutes ces doses sur les bras, car ici, peu de gens sont atteints, et la plupart des Français refusent de se faire vacciner.


Toutefois, au moins, on peut reconnaître que le gouvernement français s'est montré prévoyant dans cette affaire, et s'est préparé à répliquer en cas de pandémie.

Alors qu'aux Etats-Unis, il semble bien que c'est exactement le contraire...


Obama était sans doute trop occupé à célébrer son super Prix, qu'il ne s'est pas soucié une seconde de la question.
Et que fait Madame Sebelius, la Ministre de la Santé, ces derniers temps ?

On peut se le demander, et même suggérer que Roselyne Bachelot aille aux States pour former son homologue américaine et pour lui apprendre comment on gère une crise sanitaire !



 Healthcare worker Damian Blaza (bottom) passes out numbers to people waiting in line to receive a free H1N1 flu vaccine at Richard J. Daley College in Chicago October 24, 2009. U.S. President Barack Obama has declared 2009 H1N1 swine flu a national emergency, the White House said on Saturday.REUTERS/Frank Polich (UNITED STATES HEALTH


Car jusque là, la réponse gouvernementale a été plutôt insuffisante.




La pandémie de grippe H1N1 a fait plus de 1.000 morts et nécessité au moins 20.000 hospitalisations aux Etats-Unis depuis son apparition au printemps, ont indiqué vendredi les autorités fédérales américaines. .

Pour le moment, l'infection par le virus H1N1 continue à se propager: 46 Etats sur 50 ont fait part de nombreux cas, qui se comptent par millions à l'échelle du pays et leur nombre continue à augmenter.


Des milliers d'autres ont contracté la grippe depuis le début de l'autonme, provoquant une abscence massive dans les écoles et les lieux de travail.

 

Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies, la grippe H1N1 touche plus durement les jeunes et les enfants que les personnes âgées, estimant que 1 à 5 enfants américains avaient présenté les symptômes grippaux.
Des millions de gens sont touchés. Une centaine d'enfants sont morts.






Bobby Callow, 2, of Clifton, Va., gets the swine flu vaccine as his mother Allison Callow comforts him during a vaccine clinic at the Fairfax County Government Center in Fairfax, Va., on Saturday, Oct. 24, 2009.(AP Photo/Jose Luis Magana)



Le meilleur moyen de freiner cette progression dramatique serait de rapidement fabriquer et distribuer des doses de vaccins. Mais une telle réplique est difficile, car il semble bien que les autorités sanitaires n'ont pas pris suffisamment en compte l'ampleur du problème depuis le printemps et l'apparition des premiers cas.





A Montgomery County health employee updates people waiting in line to receive an H1N1 flu vaccination on the amount of vaccines remaining at Montgomery County's Piccard Drive Health Center in Rockville, Maryland, October 21. Distribution of the vaccines for the so-called "Swine flu" have begun for small children and high-risk individuals.(AFP/File/Saul Loeb)




Le directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Dr Thomas Frieden a déploré vendredi la trop lente livraison des vaccins, seule arme efficace pour enrayer cette pandémie qui frappe en priorité les jeunes adultes et les enfants.

"Nous sommes désormais dans une période où la disponibilité des vaccins contre le virus H1N1 connaît une augmentation soutenue mais bien trop lente", a-t-il insisté.

"Ceci est frustrant pour tout le monde et nous espérions avoir maintenant plus de vaccins", a dit ce médecin.

Vendredi, les CDC comptaient 16,1 millions de doses de vaccin prêtes à être livrées.

La semaine dernière les CDC avaient annoncé que le nombre de doses de vaccins disponibles atteindrait fin octobre 30 millions au lieu des 40 millions prévus initialement.







People wait in line to receive a swine flu vaccination at a public clinic in Milwaukee, Wisconsin October 23. 2009. With a national shortage of the vaccine the City of Milwaukee Health Department has less than 7,000 doses of the vaccine available on a first come first served basis, local media sources report.REUTERS/Allen Fredrickson (UNITED STATES HEALTH)




Ainsi, les gens qui ont le plus besoin de ce vaccin - les femmes enceintes, les jeunes enfants et les adolescents, les personnels de santé - n'ont pas accès facilement à celui-ci.

Des plaintes s'élèvent régulièrement localement,  des parents inquiets contactent les autorités sanitaires locales pour demander comment faire pour faire vacciner leurs petits. Où aller ? Chez leur médecin généraliste ? A l'école ? A l'hôpital le plus proche ?




Registered nurse Bethlehem Tekolla administers the swine flu vaccine to Katie Alms, 3, as her mother Kim Alms of McLean Va., watches during a vaccine clinic at the Fairfax County Government Center in Fairfax, Va., on Saturday, Oct. 24, 2009.(AP Photo/Jose Luis Magana)


Hier, donc, la Maison Blanche réagissant enfin, a déclaré que le président avait signé cette proclamation sur la grippe  H1N1 vendredi soir.

"La pandémie de grippe H1N1 continue à évoluer." dit-il dans sa déclaration.

Selon la Maison Blanche, la déclaration d'urgence, signée vendredi soir par le président, permet aux autorités médicales de gérer l'afflux de patients atteints par le virus et de mettre en place des opérations d'urgence sans se conformer à certaines exigences fédérales.

 

 

 


Le seul souci, c'est que certains craignent que cette déclaration d'urgence nationale  donne de nouveaux pouvoirs excessifs au président.
Voici ce que le quotidien américain  Christian Science Monitor écrit aujourd'hui à ce sujet :


Depuis la Guerre de Corée, les Etats-Unis ont  constamment frôlé la situation d'urgence nationale.
Les déclarations présidentielles de l'état d'urgence remontent à la période de fondation de la République, et ont notamment concerné la Whiskey Rebellion et la Grande Depression. Le philosophe John Locke pensait que ce qui pouvait justifier un état d'urgence, c'était non seulement la guerre et les catastrophes naturelles, mais aussi tout ce qui touchait le bien-être de la populaton.

Et, en effet, dans l'Histoire, si l'on regarde les sujets qui ont provoqué les proclamations de l'état d'urgence, on s'aperçoit que la plupart touchaient moins à de réelles menaces qui auraient pesé sur les Américains, qu'à des questions commerciales, par exemple, comme l'interdiction de l'importation des diamants bruts de Sierra Leone.

 

Sous la présidence Bush, des pouvoirs exceptionnels ont été donnés au président, après les attentats du 11 septembre, mais Bush, a largement abusé de ces pouvoirs selon certains, et n'a pas respecté la répartition des pouvoirs telle que l'établit la Constitution. Le Congrès et le pouvoir judiciaire ont ainsi vu leurs pouvoirs bafoués, souvent sans broncher.

 

Que prévoient les textes exactement ?
“Quand le président fait une déclaration formelle d'urgence nationale, il peut alors décider de saisir des biens, d'organiser et de contrôler les moyens de production, d'envoyer des forces militaires à l'étranger, d'instaurer la loi martiale, de saisir et de contrôler tous les moyens de communication, de réguler les opérations d'entreprise privée, de limiter les voyages, et de contrôler la vie des citoyens américains."

C'est ainsi que Harold Relyea, spécialiste des institutions gouvernementales, interprète notamment les textes qui existent à ce sujet, dont la loi de 1976
 National Emergencies Act, qui avait pour objet de formaliser les pouvoirs exceptionnels donnés à l'éxécutif. Normalement, les pouvoirs exceptionnels ne sont prévus pour ne durer qu'un an, et ensuite doivent automatiquement disparaître, mais il suffit que le président renouvelle ces dispositions exceptionnelles pour qu'elles perdurent d'année en année.

La proclamation d'urgence nationale faite hier par le président Obama est la 33ème de ce type depuis 1976.
(Christian Science Monitor)




Tout cela fait peur,  non ?



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marie 26/10/2009 19:39


Moi non plus c'est certain, je ne vais pas me faire vacciner !


kate 25/10/2009 17:24


Oui Frenchpuma , cela fait peur! je me demande si Obama ne joue pas avec cette peur ...! pendant ce temps les gens ne pense pas à ce qui se passe ailleurs ! Il est tellement manipulateur
...d'autant plus que l'on ne sait pas exactement les effets secondaires pouvant résulter de ce vaccin créé dans l'urgence ! c'est pourquoi les français ne s'affolent pas , et ne se précipitent pas
pour la vaccination !Je ne me ferai pas vacciner , et je ne pensais pas les Français aussi raisonnables d'ailleurs ....je dois avouer les images que j'ai vu à la télé des files d'attente aux EU m'a
stupéfaite !