Les Allemands sont les premiers Européens à être déçus par Obama

Publié le par frenchpuma

French article ; English article below

Pour les Allemands, pas de doute : la déception vient de Washington. Et elle est déjà vive après les cent jours.
Pour eux pas de doute, le fameux slogan s'est transformé en un pas très réjouissant :

"Yes, we can't" 


JUGEZ PLUTOT CETTE REVUE DE PRESSE DES JOURNAUX ALLEMANDS EN CE DEBUT DE SEMAINE QUI SUIT LES CENT JOURS / BILAN DE LA PRESIDENCE :



L'épineux dossier de Guantanamo fait la Une des quotidiens allemands aujourd'hui et pour la première fois les journaux sont unanimement critiques face à la politique de Barack Obama sur le sujet.

 

"La grosse erreur d'Obama" titre la Süddeutsche Zeitung. Jusqu'ici, le président avait presque fait un sans faute en ce qui concerne l'un des cadeaux les plus empoisonnés que lui ait faits son prédécesseur, la prison de Guantanamo et la torture employée à l'encontre de terroristes présumés. Jusqu'ici. Car l'administration de Barack Obama pense apparemment très sérieusement à recourir aux tribunaux militaires d'exception, jadis introduits par George W. Bush et qu'elle avait décidé de geler. La réalité a rattrapé l'équipe d'Obama. Car que faire avec les gens qui sont effectivement de terribles criminels mais dont les aveux ont été obtenus sous la torture? Aucune cour de justice ne pourra travailler sur la base de telles dépositions. Faut-il du coup laisser les instigateurs présumés du 11 septembre et de d'autres terribles crimes filer dans la nature ? Ce n'est pas non plus une solution. Obama est donc contraint d'envisager un recours aux tribunaux d'exception avec un peu plus de droit pour les accusés. Autrement dit, Bush en light.

Der Spiegel met pour sa part en avant le fait que la plupart des 241 prisonniers de Guantanamo ne peuvent tout simplement pas être libérés, et donc, Obama, en vient naturellement à recourir aux mêmes méthodes que Bush : il  s'en remet à des tribunaux militaires pour juger de l'innocence ou de la culpabilité de ces détenus.

 



"Yes, we can't"  titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Obama ne peut pas tourner le dos à la politique de son prédécesseur concernant Guantanamo, aussi radicalement qu'il l'a promis et aussi radicalement que le monde voulait le croire. Désormais, tout le travail de l'administration est de préparer l'opinion publique à l'idée que le gel des tribunaux d'exception, finalement, ce n'est pas une bonne idée. Même un Barack Obama ne peut pas risquer politiquement que des terroristes du 11 septembre par exemple tirent leur épingle du jeu devant une cour civile en arguant d'avoir été maltraités voir torturés. Du coup le gouvernement est obligé de modifier la juridiction, celle-là même que le président avait, durant sa campagne électorale, clairement rejeté.




L'autre thème qui préoccupe les journaux aujourd'hui est la demande officielle faite par Washington à Berlin d'accueillir d'anciens détenus de la prison cubaine. Le journal local Rheinische Post s'interroge. Si les prisonniers destinés à l'Allemagne sont innocents, pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas les garder? Ou ces personnes sont-elles en réalité plus dangereuse qu'il n'y paraît ? L'Allemagne ne doit pas accepter la demande américaine si celle-ci va à l'encontre de sa propre sécurité. Ce serait fatal.

 

Pour Die Tageszeitung enfin, la politique de Barack Obama ressemble étrangement à celle de la chancelière allemande Angela Merkel: un pas en avant, un pas en arrière et au final cela ne plait ni à la droite ni à la gauche.



Il est loin le temps où on célébrait le grand homme :

Die Tageszeitung, parle des messages très contradictoires constamment envoyés pas l'administration Obama au monde entier.

- Le gouvernement américain a demandé à l'Allemagne d'accueillir des prisonniers de  Guantanamo. C'est ce même gouvernement qui prépare des commissions militaires destinées à juger les prisonniers. Donc un pas en avant, mais deux pas en arrière, et cela déçoit beaucoup les Européens selon ce quotidien, car ces derniers avaient attribué au président américain des pouvoirs surnaturels qu'ils s'aperçoivent maintenant qu'il n'a pas. Obama en fait s'efforce de contenter tout le monde, et en faisant cela, il est obligé de faire beaucoup de compromis.  

Enfin, le Financial Times Deutschland rappelle que Obama avait promis de repartir de zéro quand il arriverait au pouvoir, mais que désormais il se rend compte que c'est impossible, car il ne peut traduire les terroristes les plus dangereux devant des tribunaux civils : il est obligé de s'en tenir aux tribunaux  militaires d'exception. Obama, note le journal, a toutefois promis de les réformer...


(sources : DW. WORLD et javno.com)


Donc, pour résumer : les Allemands sont bien loin du formidable accueil de rock star réservé à Mister O. l'été dernier , à Berlin, quand celui-ci s'était pris pour Kennedy.




Aujourd'hui, les Allemands,  ne sont plus du tout Obamaniaques, c'est sûr !
Demain, sûrement, d'autres suivront...


Et les Français ? Je me demande quand mes compatriotes vont enfin se rendre compte de l'imposture... 

Commenter cet article

lemoncrumble 07/06/2009 19:38

Apparemment, ils viennent de s'en rendre compte cette semaine. Je sens un raz de marée à droite toute dans tous les pays occidentaux et pour une fois, je ne serais pas mécontente...

john 06/05/2009 18:47

c pas pour demain je sors de chez mon buraliste "Obama le Mythe" "déja dans l'Histoire avec un grand H"... Propagande les médias n'informent plus ils désinforment il caricature tout candidat Républicain "pro guerre anti avortement intégrisme religieux". La preuve vivante : Sarah PALIN. faites que le grand Regan ou l'immense Lincoln réveille enfin ce parti. Pour mettre fin a cette mascarade des 2012... Sinon Obama aura les mains libre jusqu'en 2016 (20 janvier 2017) (déja fin 2010 élection de mi mandat)