EVA JOLY N'EST PAS OBAMANIAQUE !

Publié le par frenchpuma

French article ; English version below

Tout le monde s'est réjoui un peu trop vite des résultats du sommet du G20...

Succès, vous avez dit succès ? Eva Joly, l’ancienne magistrate franco-norvégienne spécialisée dans les dossiers politico-financiers ne cache pas son scepticisme face aux mesures issues du sommet du G20 de Londres. Rien de plus à ses yeux qu’un “pur exercice de communication“. Une appréciation peu relayée mais pourtant largement partagée par de nombreux spécialistes.

En tout cas, Eva Joly, qui connaît bien les problèmes des paradis fiscaux, ne se montre guère tendre avec Mister O., comme on peut en juger dans cet article du Nouvel Observateur daté du 8 avril dernier :

Obama et l'argent sale

Dans son dernier livre, l'ancienne juge d'instruction anti-corruption Eva Joly se vante d'avoir « ouvert la boîte de pandore des « affaires » financières, il y a presque vingt ans ».
Ayant enquêté avec opiniâtreté sur les affaires Elf, Crédit Lyonnais ou Tapie, elle peut effectivement se présenter comme une combattante anti-corruption.

Dans son domaine de prédilection, la lutte contre l'argent sale, Eva Joly ne fait aucune concession.
Par exemple, elle ne sacrifie pas à l'obamania ambiante.
Les viriles déclarations du président américain contre la finance folle ne l'impressionnent guère

Les soutiens d'Obamaheros ordinaires.jpg
Certes, dans « Des héros ordinaires » (les arènes, 19 euros), Eva Joly le crédite d'avoir été l'un des trois sénateurs américains a avoir rédigé le Tax Haven Abuse Act (la loi sur les abus des paradis fiscaux).
Mais l'ancienne terreur des affairistes, se fait « peu d'illusions » sur le chef d'Etat américain.
Et de noter: « Les plus gros donateurs de sa campagne présidentielle s'appellent Goldman Sachs (une banque d'affaires internationale, ndla), UBS (une banque suisse impliqué dans de multiples scandales, ndla), JP Morgan Chase (une autre banque d'affaires, ndla) et Citigroup (une des banques préférées des potentats africains, ndla) ».
Pour Eva Joly, « Les soutiens de Barack Obama ont tout à perdre de plus de transparence ».


La vraie-fausse naïveté d'Obamaobama_1225816236.jpg
L'ex-juge d'instruction a lu Obama dans le texte.
Un passage dans son livre de campagne (Audacity of Hope sur sa campagne pour le Sénat de 2004) l'a particulièrement interpellée.
Obama écrit: « Je consacrais de plus en plus de temps aux personnes qui comptent – consultants d'entreprises et banquiers d'investissement, managers de hedge funds et jongleurs de capitaux. C'était en général gens intelligents et intéressants (…) n'espérant rien d'autre en échange de leurs chèques qu'un peu d'attention pour leurs opinions ».
Les convictions anti-corruption d'Eva Joly se hérissent: « Cette vision idyllique des « jongleurs de capitaux » n'incite pas à l'optimisme », observe-t-elle.
« Les jongleurs de capitaux ont des intérêts, dont le nouveau président américain devraient se méfier », note Eva Joly.

washington-post.jpgLes sociétés-écrans d'Obama
La réponse a été apportée par le
Washington Post, le 4 avril dernier, comme le site Bakchich.info s'en est fait écho.
Le quotidien américain révèle que la Maison Blanche a recours aux sociétés-écrans pour subventionner les entreprises américaines frappées par la crise, de façon à contourner les règles de contrôles votées par le Congrès.
Résumons.
Publiquement, Barak Obama stipendie les paradis fiscaux et les sociétés off-shore.
Mais pratiquement, il leur trouve quelques avantages.
Eva Joly n'avait donc pas tort.



Edifiant, n'est-ce pas ?

Autrement dit, le président du changement fait bien partie de ce système politico-financier pourri, à l'origine de la crise mondiale.

Alors, par pitié, qu'il ne vienne pas nous donner des leçons maintenant !

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FrenchNail 13/04/2009 04:54

Le pire de l'histoire est que nombre de ces societes ecran sont en fait des organismes etatiques crees depuis le debut de l'annee et operant en grand secret. Ils ont pour but d'injecter du cash (celui des contribuables americains) dans l'economie sans tomber sous le controle du Congres americain. Il s'agit de :

"the Term Auction Facility", "the Term Securities Lending Facility", "the Primary Dealer Credit Facility", "the Commercial Paper Funding Facility" et un monstre appele "the Asset-Backed Commercial Paper Money Market Mutual Fund Liquidity Facility ".

Il y a aussi: "the Money Market Investor Funding Facility" et trois autres organismes appeles Maiden Lane I, II et III dont la mission est d'aider les beneficiaires des "bailouts" comme Bear Stearns et AIG.

Rappelons aussi que le Ministere des Finances (Treasury Department) est un bateau fantome ou seul Geitner et un staff reduit a quelques assistants officent a l'abri des regards.

Et maintenant que ceux qui croient encore que l'election d'Obama n'est pas une manoeuvre de la grande finance pour piller les caisses du tresor americain levent le bras...