UNE AUTRE CLINTON... UN AUTRE ESPOIR POUR LE PROCHE-ORIENT

Publié le par frenchpuma

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Hier, la guerre au Porche-Orient entre Israël et le Hamas a franchi un nouveau cap quand les chars israéliens et les troupes se sont engouffrés dans la bande de Gaza, marquant ainsi le début d'une offensive terrestre lancée contre les militants du Hamas après une semaine de bombardements aériens intensifs.



Les soldats israéliens avancent dans la bande de Gaza, au Nord, dimanche 4 janvier.



Et maintenant, la perspective d'un nombre de victimes plus élevées dans chaque camp rend le silence de Obama sur la situation là-bas, encore plus assourdissant.

Et d'ailleurs, cette absence totale de réaction a déja provoqué la colère de certains dans la région.
"Ce ne sont vraiment pas des débuts prometteurs", a déclaré Khaled Meshaal, le leader du Mouvement Islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007.
"Vous avez commenté ce qui s'est passé à Bombay, mais vous ne dites pas un mot sur les crimes de l'ennemi (Israël). Cette politique de deux poids deux mesures ne peut pas continuer." a t-il dit, en s'adressant à Obama.


En réalité, ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il est peu probable que Obama adopte une politique différente de celle du gouvernement Bush sur ce dossier.

Alors, le premier mandat de Obama ressemblera-t-il au troisième de George Bush ?

Dans un premier temps, je serais tentée de répondre "oui".

Dans une interview qui date de juillet dernier au New York Times, Obama disait qu'il pensait qu' "aucun pays au monde n'accepterait de voir des missiles tomber sur la tête de ses citoyens."

"Si quelqu'un envoyait des missiles sur ma maison alors que mes deux petites filles sont en train de dormir, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre un terme à ça. Et je pense donc qu'il est normal que les Israéliens répliquent." 


Donc, on comprend bien que le nouveau président ne va certainement pas critiquer Israël.

Pourtant, après avoir réfléchi, je me dis qu'il y a peut-être un espoir...
Grâce à Hillary.

Mais que peut-elle faire, au juste ? Que devrait-elle faire ?

A mon avis, elle aimerait certainement s'exprimer sur le dossier, mais Obama lui demande probablement de se taire.
Et elle doit faire ce qu'on lui dit de faire.
Cela doit être vraiment déchirant pour elle, parce que, contrairement à Obama, elle connaît le problème.


Et malgré tout, on peut compter sur elle pour faire de son mieux, et tenter de se libérer quelque peu du joug de l'incompétent.
Oui, je pense qu'elle représente une grande chance pour le Proche Orient, des années après la rencontre historique organisée par son mari entre Rabin et Arafat, qui grâce à lui, avaient (chose inimaginable !) accepté de se serrer la main et de signer un accord de paix.


 



Rabin-Clinton- Arafat on September 13, 1993

 

 

Hillary, il est vrai, a la réputation d'être pro-Israël.

Mais elle ne l'est pas, en fait.

Comme son époux, elle ne s'intéresse qu'à une chose : la paix.

Si elle a cette réputation, c'est uniquement parce que en tant que sénatrice de New York, elle a été obligée de faire de son possible pour plaire à l'électorat juif, très important dans cet Etat, et qui a d'ailleurs voté massivement pour elle en 2000 et 2006. Mais il ne s'agissait que d'une posture politique.



Hillary , en 2002, alors sénatrice de NY à Jérusalem devant le  Mur des Lamentations.
 


Hillary pourrait se révéler d'un grand secours pour les Palestiniens.


Voici pourquoi :

- On ignore souvent qu'en 1998, se démarquant ainsi de son mari alors président, Hillary avait pris une position assez originale, puisqu'elle avait déclaré qu'elle était en faveur de la création d'un Etat palestinien, une position dont la Maison Blanche avait plus tard precisé qu'elle n'était pas la position officielle.


- Hillary s'était encore attirée les foudres d'Israël en 2000, quand elle avait rencontré Suha Arafat, épouse de Yasser Arafat, alors président de l'autorité palestinienne, et qu'elle l'avait embrassée devant les photographes...


Hillary et Suha se font la bise


- "Les Israéliens et les Palestiniens connaissent très bien Bill et Hillary Clinton", déclare David Makovsky, spécialiste des affaires proche orientales. Les Palestiniens se rappellent très bien de la bise entre Hillary Clinton et la femme de Yasser Arafat, et les Israéliens se rappellent que Hillary, pendant la campagne, a menacé l'Iran de sanctions internationales si ce pays s'en prenait à Israël."

Autrement dit, le fait d'avoir pris par le passé des positions à la fois pro-israéliennes et pro-palestiniennes, donne à Hillary Clinton une légitimité et une crédibilité incontestables comme diplomate, selon
Tamara Wittes, spécialiste des questions isrélo-arabes au Brookings Institute :

"Le fait qu'elle ne soit ni pour l'un ni pour l'autre va la servir dans cette région.
En fait, il y a à la fois des pessimistes et des optimistes des deux côtés."

Donc, si Obama le lui demande, Hillary fera tout ce qui est en son pouvoir pour arriver à un accord entre les deux camps, ce que son mari était presque parvenu à faire au moment où son deuxième mandat s'est achevé.

Nul doute que s'il  avait eu le temps, il aurait réussi à trouver une solution à cette guerre qui n'en finit jamais, mais l'administration Bush a tout mis par terre, et la situation s'est envenimée.

.

 

Car, malheureusement, huit ans après, tout s'est dégradé et tout est différent :

Et cela va compliquer la tâche de Hillary Clinton. En tout cas, aucun doute que lorsqu'elle prendra ses fonctions en janvier, ce dossier sera prioritaire pour elle. 
Quel challenge !

 

 En Septembre 1993, le President Clinton préside une cérémonie de signature d'un accord de paix historique entre le premier ministre israélien  Yitzhak Rabin, et Yasser Arafat, leader de l'OLP.



D'un côté, Gaza est maintenant contrôlé par le Hamas, dont les positions sont plutôt extrêmes, et qui a rendu l'autorité palestinienne totalement inefficace. Alors que cette dernière était prête à négocier avec Israël, le Hamas veut la destruction de l'Etat d'Israël, et les Israéliens chassés de la région.

Et d'un autre côté, on a Israël qui n'est pas prêt du tout à faire des concessions.

Donc, pas de doute, la situation est explosive...

Mais, Hillary a un défi à relever : elle veut montrer à son pays et au monde entier que celle qui aurait dû être élue présidente, c'est elle !

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