Le Monde a besoin de rêver... et ce Rêve est américain...

Publié le par frenchpuma

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Un récent sondage CNN montre que trois-quarts des Américains pensent que Obama est un leader fort et déterminé, ce qui représente le plus haut score réalisé par un président tout juste élu depuis presque trente ans.
Mais arrêtons-nous ce matin sur ce sondage :
le paradoxe saute aux yeux...
Obama n'a encore pris aucune décision en tant que Président, mieux : il a refusé de prendre position sur des sujets brûlants comme la guerre entre Israël et le Hamas, et malgré cela, les gens le voient comme un leader fort, la meilleure chose qui soit arrivée sur la terre ces derniers mois !



Obama quitte Hawaï avec son épouse pour s'envoler pour Washington...

Aucune logique dans tout ça...
Tout cela est totalement irrationnel, purement émotionnel, et c'est bien cela qui m'inquiète...
Bien sûr, dans l'Histoire américaine, ce genre de croyance démesurée en un nouveau leader s'est déjà rencontrée, mais jamais, jamais à ce point...

Avec quoi peut-on comparer l'Arrivée de Barack Obama ?

Avec mars 1933 peut-être, quand l'Amérique était frappée de plein fouet par une Dépression sans précédent : c'est l'année où Franklin Roosevelt, nouveau président Démocrate lui-aussi paraissait pouvoir remédier à la crise, grâce à une nouvelle philosophie d'interventionnisme de l'Etat dans l'économie.


Investiture de Franklin Delano Roosevelt en mars 1933


Mais bien sûr, tout le monde pense surtout à 1961, puisqu'il s'est beaucoup dit que Obama était un "Kennedy noir".

Investiture de Kennedy en janvier 1961


Personne n'a oublié cette cérémonie d'investiture, quand Washington sous la neige vit arriver un jeune et beau président, vêtu seulement d'un manteau léger mais qui ne paraissait pas ressentir le froid, et qui proclama devant la foule et le monde réunis que le flambeau était désormais transmis à une nouvelle génération...

Kennedy est devenu un mythe à travers la planète, mais seulement parce qu'il a été assassiné, pas pour ce qu'il a accompli en tant que président, car pour son pays, il n'a pas fait grand-chose de mémorable, il faut bien l'avouer.


Comme cet amour immodéré que les gens ressentaient pour Kennedy, cette OBamania s'est maintenant propagée partout, d'Europe en Asie, d'Afrique en Australie.



Un président américain, c'est vrai, a toujours un peu appartenu aussi au monde, et pas seulement à son propre pays.
Mais jamais, jamais comme aujourd'hui.


Washington se prépare à un événement quasi sans précédent : cinq millions de personnes sont attendues sur place pour les festivités qui atteindront bien sûr leur apogée quand Obama prêtera serment sur la Bilbe mardi 20 janvier à midi, comme il se doit.
Mais, n'oublions pas que l'événement aura aussi un retentissement planétaire : tout comme le mariage de Charles et de Diana ou une cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, c'est à une audience globale que cette cérémonie va s'adresser. Et cela veut dire pour la première fois : des milliards de gens !




Terrible : c'est terrible.
Je me rends compte maintenant que ces milliards de personnes, le 20 janvier, vont regarder ce couronnement pour une seule et simple raison.
Pas pour les beaux yeux de Obama.
Mais parce qu'elles espèrent désormais un miracle.
L'Humanité entière s'en remet entre les mains du grand homme.
Ni Kennedy, ni Roosevelt n'avait ce fardeau à porter : l'espoir de milliards de gens.
Tout, tout va s'arranger : finie la crise économique ; fini le réchauffement climatique ; fini le terrorisme ; finies les tensions et les guerres au Moyen-Orient ; fini le choc des civilisations.
Grâce à un homme, le monde sera réconcilié.
Oui, c'est tentant de le croire : tous les problèmes vont disparaître, comme par magie, à l'Age d'Obama...


Jamais, pour paraphraser Winston Churchill, autant de gens n'ont placé leurs espoirs dans un seul individu.
Sauf que la différence avec Churchill, c'est que cet individu cette fois-ci n'a vraiment rien d'un Titan.

Pour ceux qui l'ignorent encore, la carrière de Obama sur la scène nationale est de quatre ans. Il n'a rien fait de marquant, n'a aucun bilan, la seule chose qu'il a réussi jusque-là, c'est sa campagne électorale victorieuse.


De plus, la situation des EU, par rapport à 60 ans en arrière, n'est plus du tout la même.
Ils ne sont plus le pays de la dynamique, comme ils pouvaient l'être en les deux guerres. L'économie est maintenant globalisée, et l'Amérique n'est plus du tout le centre du monde.
Car les décisions maintenant se prennent autant à Washington qu'à Pékin, qu'à Bruxelles ou à New Delhi.
Et ces vérités qui dérangent passent totalement inaperçues dans cette euphorie ambiante, cet engouement incontrôlé pour le Dieu Obama.

Peut-il y arriver ?
Tout le monde veut croire, aveuglément, à ce slogan stupide : Oui, Il le Peut !


Le monde s'en réfère à un pays, un homme, pour une réponse...
Obama à Berlin en juillet 2008


Dans quel autre pays démocratique un homme venu de nulle part aurait-il pu connaître une ascension aussi rapide ?
C'est ça, le Rêve américain...
Oui, ça fait rêver...

Mais il va montrer qu'il a aussi des limites, ce Rêve...

Oui, le meilleur moyen d'oublier les ennuis et les peurs, c'est de rêver...
Après avoir cherché un Sauveur et l'avoir trouvé...

Plus dure sera la Chute...



 

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FrenchNail 03/01/2009 17:03

Cette rage a croire que tout va changer des l'investiture encouragee par les grands medias est extremement dangeureause. Elle n'aura d'equivalent que la rage des americains contre une administration et president incapables. Les Repulicains reprendront les chambres en 2010. Et rien n'aura change entre-temps. Tout ca ce n'est que pures manipulation et propagande. Deja on voit un president qui ne sait pas prendre une decision et qui s'en remet a ses conseillers, conseillers qui eux se tirent dans les pattes et ne pensent qu'a un truc tirer la couverture a soi. Classique quand le pouvoir est faible.