ANTI-GAY ET ANTI-FEMME

Publié le par frenchpuma


Je viens de recevoir un e-mail de l'association féministe NOW (National Organization of Women).

En voici un extrait :

 


NOW au nouveau président Obama : Nous espérons que vous allez changer d'avis. Ne demandez pas à Rick Warren de délivrer le sermon lors de votre cérémonie d'investiture qui est historique.

Le 18 décembre 2008.
Des Millions de gens sont en train de boucler leurs préparatifs pour le 20 janvier : ils comptent bien se rendre à Washington pour assister à votre cérémonie d'investiture historique en tant que 44ème président des Etats-Unis. Nous espérons tous revivre la grande joie que nous avons déjà éprouvée, le soir de votre élection, quand nous étions tous côte à côte, persuadés que nous pouvions changer  notre pays et le monde en mieux .

Or, aujourd'hui, nous sommes très déçus de voir que l'une des voix que vous avez choisies pour faire partie de ce moment historique est celle de Rick Warren. Si ce choix était maintenu et qu'il délivre bien le sermon ce jour-là, nous le considérerions comme une insulte qui nous serait faite à nous, hommes et femmes, qui soutenons le droit des femmes à décider de leur vie. Sa simple présence serait une offense faite contre nous, homosexuels ou non, mais tous en faveur des droits des gays, des lesbiennes, et des transsexuels.

Nous comprenons votre désir de faire intervenir des personnes qui ont des positions différentes sur différentes questions. Mais le dialogue signifie aussi traiter vos adversaires avec respect. Or, Rick Warren a comparé l'avortement à l'Holocauste, ce qui veut dire que pour lui ceux qui sont pour ce droit sont semblables aux Nazis.
Rick Warren s'est engagé en Californie en faveur de la Proposition 8 visant à interdire le mariage homosexuel, en affirmant que cette question était une "affaire morale dont Dieu avait clairement parlé". Pour lui, être homosexuel, c'est être "contraire à la nature"' et pour lui la question du mariage gay est quelque chose qui ne doit même pas se négocier."

Les mots ont un sens, président Obama. Ce sont les mots qui vous ont porté à la Maison Blanche, et qui nous ont fait vous soutenir parce que nous croyions en la vision que vous aviez de l'Amérique. Mais en choisissant Rick Warren, vous avez incontestablement offensé les progressistes qui ont travaillé dur pour vous porter au pouvoir, et qui ont voté pour vous. Non, nous ne nous attendions pas à ce que vous adoptiez ce genre de ton en ce jour historique. Nous n'aurions jamais pensé que vous seriez prêt à donner une place de choix à un messager de l'intolérance qui ne délivre certainement pas le message du changement.

Nous sommes très déçus par votre choix, et nous espérons encore que vous le reconsidérerez.
Monsieur le Président, vous pouvez encore choisir un pasteur qui saura exprimer notre vision collective de l'espoir, du changement, et qui nous promettra que nous ferons tous partie de ce grand pays. C'est ce que nous vous invitons à faire maintenant."



Ah ! Ah ! Ah !
Ce courrier de protestation émanant de NOW me fait rire, surtout la citation :
"Les mots ont un sens... Les mots vous ont porté à la Maison Blanche"...

Donc, ce n'est que maintenant que NOW s'aperçoit quelle sorte de coquille vide Obama était, a toujours été, est encore, et sera à jamais ?
"Des mots... des mots... des mots..." : citation de Hamlet que nous avons souvent utilisée ici sur ce blog ces derniers mois pour parler de Obama.
Nous avons constamment souligné ses revirements incessants, ses contradictions constantes entre ce qu'il dit et ce qu'il fait. Nous avons affirmé qu'il pourrait se révéler dangereux car il cachait son jeu, ses vrais sentiments, ses vraies intentions, dans le simple but d'être élu...




Bien entendu, il n'a jamais dit qu'il méprisait les femmes et les homosexuels...
Mais désormais, il peut commencer à révéler qui il est vraiment, ce qu'il pense vraiment...
Maintenant, il est tranquill : il est le nouveau président...

Mais moi, en tout cas, ce qui me frappe surtout, c'est à quel point toutes ces personnes ont été naïves, crédules !
Que croyaient-elles, ces associations féministes, quand sans aucune honte, elles ont apporté leur soutien au Messie, alors qu'il traitait sa rivale, Hillary Clinton, de manière affreusement sexiste ?
Que croyaient-elles, ces associations progressistes, ces groupes pro-choix, comme NARAL, quand ils ont choisi d'appeler à voter pour Mister O. au lieu de choisir Hillary, pensant que celui-ci était plus à  même que la sénatrice de défendre les droits des femmes et des minorités, alors qu'elle s'était toujours faite l'avocate de ces minorités, et qu'elle avait toujours affirmé son attachement au droit à l'avortement ?


Donc, ils se rendent compte, maintenant qu'il est trop tard, que peut-être, ils n'ont pas fait le bon choix ?


Oui, c'est vrai, pour Warren, l'avortement est comparable à l'Holocauste...
Et pourtant, Obama lui a demandé de venir prononcer le sermon d'investiture...

Oui, c'est vrai, pour Warren, être homosexuel, c'est être atteint d'une maladie...

Et  pourtant, c'est lui le choix de Obama...

 

Obama et Rick Warren, en août 2008. Ils ont l'air de bien s'entendre...
Oui, apparemment, ce pasteur fait rire Obama : ce sont sans doute ses propos douteux que Mister O. trouve drôle...
Oui, c'est vrai que c'est comique, au fond...



Je ne suis pas sûre que tout le monde comprenne bien ce que tout cela veut dire !

Je me demande si tout le monde comprend bien le message que Obama envoie à son pays par ce geste. N'oublions pas que tout, tout est totalement symbolique lors d'une cérémonie d'investiture.

La décision finale de choisir Rick Warren pour le sermon est donc un message évident. Je le résumerai ainsi :
"A l'occasion de mon investiture, j'ai choisi d'offenser, d'insulter les homosexuels et les femmes. Mon premier geste en ce premier jour en tant que président sera de rappeler à tous ces gens qu'ils n'ont strictement rien à attendre de moi, car je les méprise au plus haut point...
Qu'ils écoutent plutôt ce grand homme respectable qui sait ce que l'avortement et l'homosexualité représentent..."


Non vraiment, si j'appartenais à l'une de ces organisations ces jours-ci, je ne serais pas fière...
J'aurais même plutôt honte de moi.
Honte d'avoir cru en un  homme dont on ne savait rien au juste, qui n'avait aucun bilan en matière de droits des femmes et des minorités, mais qui savait bien s'exprimer, suffisamment bien en tout cas pour tromper des millions d'électeurs...

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