LES JEUX SONT FAITS ! ET REFAITS...

Publié le par FRENCH NAIL

French version ; English version below 

 

C’est votre année. Vous êtes le candidat de loin et depuis longtemps le plus qualifié. Votre moitié a choisi, poussé ou mis en place la grande majorité des instances de votre parti. Vous êtes connue et respectée dans le monde entier depuis pratiquement vingt ans et votre travail acharné au Sénat vous a gagné une brillante réputation auprès de vos collègues.

 

 

Etre nominée par votre parti ne devrait pas vraiment poser de problèmes.

 

Sauf que… Y a comme un défaut.. Un petit GRAND défaut.

 

L’année en question, c’est l’année de la femme. On rabâche au pays que ce qui compte c’est l’image et non pas l’absence de compétences qu’elle cache.  Votre expérience professionnelle est dans le législatif, donc soi-disant sans importance. Les instances de votre parti sont misogynes comme au beau temps des années cinquante et le reste du monde n’a pas le droit de vote dans cette élection. Mais, surtout et de surcroît, vous vous trimbalez l’une des casseroles les plus impossibles en politique américaine : Un Vagin !!!!

 

Et en cela les jeux sont faits contre vous.

 

Les grosses huiles de votre parti sont soit des hommes de votre génération qui se sont plantés là où vous voulez réussir, soit des jeunes loups qui veulent la place.

 

Et tous n’ont pas la moindre intention de laisser une « meuf » gagner là où eux se sont ramassés ou être le sésame ouvre toi de leur carrière pendant au moins quatre ans.

 

Même si vous avez une volonté de fer, même si vous ne jetez jamais l’éponge et même si vous avez dédié votre vie à pulvériser une fois pour toute l’ultime symbole de la misogynie, vous n’y arriverez pas. Pas question. Même si les électeurs vous choisissent élection après élection, vous n’y arriverez pas. Pas question.

 

Les jeux sont faussés et ont été faussés depuis le commencement.

 

 

Les apparatchiks ont choisi leur candidat idéal. Ils ont opté pour un nouveau visage, certes inexpérimenté et criblé de failles, mais plein d’entrain et de charme, ethniquement approprié à l’air du temps et surtout du BON sexe. Ils ont choisi un inconnu qui leur devra tout, qu’ils ont fait de toutes pièces, à qui ils pourront s’imposer ou qu’ils pourront encadrer de leurs favoris. Bref, un homme qu’il peuvent contrôler.

 

Quand le Parti Démocrate annonçait qu’il voulait non seulement contrôler les deux chambres mais aussi la Maison Blanche, il pesait bien ses mots.  Pas d’erreur là-dessus.

 

Alors, si outre un vagin vous avez aussi un cerveau bien rempli et si vous voulez malgré tout rester dans la course, continuer à progresser et éventuellement coiffer tout le monde au poteau, que vous reste-t-il à faire ?

 

VOUS FAUSSEZ DE NOUVEAU LE JEU.  Vous prenez vos ennemis à leur propre jeu.

 

Ce qui a fait d’Obama le candidat idéal aux yeux du DNC, en fait aussi la proie idéale de manipulations bien tournées.

 

Son orgueil démesuré et l’arrogance de ses illusions de supériorité le rendent susceptible à la flatterie. Toute personne suffisamment intelligente à se rabaisser dans le rôle du fidèle et affable subalterne dont la seule mission dans la vie est la promotion et le succès de son maître, peut aisément se positionner à ses côtés et rapidement se rendre indispensable.  Rien de nouveau en cela. L’histoire est pleine de ce genre de dénouements.

 

En juin, tirant profit des longs mois qu’elle avait eu pour étudier son rival de près, Hillary changea son fusil d’épaule.  Elle renversa sa rhétorique. Pour commencer, elle passa de « non seulement je suis ton égale, mais je suis meilleure que toi » à « je ne suis pas meilleure puisque tu as gagné ».  Puis, elle adopta la position « je ne suis pas ton égale, tu es mon supérieur ».  Et pour en témoigner, elle participa en bon petit soldat aux mascarades du discours de Unity et du « roll-call » de la Convention.

 

Vive le Roi !!!! Et n’oublions pas les 130 interventions publiques en sa faveur, haranguant les foules et encourageant ses supporters à tourner la page et à voter pour Obama, et collectant des millions au profit du Grand Manitou plutôt qu’au remboursement de sa propre dette de campagne.

 

 

En moins de cinq mois, Hillary a complètement neutralisé sa propre image aux yeux d’Obama, au point d’en devenir un allié de la plus grande confiance. Elle a réussi à faire de son plus grand désavantage, le fait d’être une femme, la seule arme que le DNC n’avait pas dans son arsenal.  Elle s’est faite l’ultime défendeur et protecteur d’Obama.  Elle en est devenue la mère à l’amour inconditionnel qu’Obama a tant voulu avoir toute sa vie. « Je t’aime comme si tu étais mon fils, quelles que soient des décisions, elles trouveront toujours grâce à mes yeux. Je serais toujours à tes côtés pour épauler ta réussite ». Elle a rempli le vide émotionnel que l’abandon de sa propre mère avait laissé dans la vie d’Obama.

 

Et, maintenant elle peut demander plus ou moins ce qu’elle veut.

 

 

Et, Hillary veut quitter le Sénat qui n’a plus rien à apporter à sa carrière.  Son poste de sénateur a concrétisé et ancré le respect et la crédibilité dont elle avait besoin pour passer de l’image d’une ancienne première dame des États-Unis, au mérite indépendant d’un statut de politicien prestigieux.

 

Mais le Sénat est l’une des deux chambres qui votent sans l’ombre d’une conscience des lois de sauvetages économiques largement impopulaires.  Et, même si la grande majorité du pays croit, à vous en tomber les bras, que les chambres sont encore contrôlées par les républicains, cela bientôt changera. Les chambres vont plus tôt que tard avoir à faire face au courroux du pays. Et si vous pensiez que leurs taux d’approbation était déjà en chute libre, préparez les équipements de spéléologie ! On va au gouffre.

 

De plus, le Sénat est une institution goutteuse aux règles de hiérarchie et d’ancienneté strictes, repère de vieux lions misogynes. Ca va lui prendre de longues années avant de ne pouvoir y prétendre à la position de chef de parti. Et en attendant, elle ne sera que sénateur. Un parmi cent.

 

 

L’année qui vient de s’écouler, Hillary l’a passé en vedette. Les feux de la rampe, elle adore.  Et, elle ne veut pas faire de sortie.

 

Elle sait parfaitement que les nouvelles économiques sont aussi mauvaises que possible.  Elle sait que l’équipe qu’Obama est en train de former sur l’arène nationale va au massacre et n’est pas équipée pour. Des vieux de la vieille. Des administrateurs et des académiques recyclés. Aucune idée nouvelle.  On parle de programmes calqués sur le New Deal. Une nouveauté vieille de cent ans à l’ère de la globalisation.  De quoi tomber à la renverse !!!

 

Elle sait aussi que les seuls succès envisageables pour cette présidence, le seront sur le front international.  Au cours des deux dernières années, Rice a discrètement donné un nouveau ton à la politique étrangère américaine. Augmentation des négociations, John Wayne au placard.

De bonnes bases ont été mises en place.  Et Hillary sait aussi qu’en cas de crise grave, les entrées de Bill et ses conseils judicieux feront la différence.

 

Etre Ministre des Affaires étrangères c’est une position unique et à part. C’est le poste ministériel le plus coté. Hillary sait avoir les capacités nécessaires pour y briller, pour y laisser sa marque.  A ce poste, elle peut remporter pour Obama les seules victoires de son mandat, ce qui par contraste la rendra encore plus brillante.  Elle sait aussi que tant qu’elle continuera à atteindre les objectifs donnés, elle gardera les rênes de son ministère et l’oreille d’Obama. Elle a le potentiel d’être la seule réussite parmi les désastres de la présidence Obama.  Elle peut sortir de cette période grandie et démarquée de la débâcle démocrate.

 

Et même en cas de courte investiture, elle sera passée de Sénateur à ancien Ministre des Affaires étrangères.  Aboule les conférences super bien payées aux quatre coins du monde et les juteux jetons de présence des prestigieux conseils d’administration.

 

Et le petit plaisir qu’on ne se refuse pas : la nique à Kerry et Richardson qui s’y croyaient déjà dans l’avion privé du Ministère !!!

 

 

 

 

 

 

Dis donc Obama, c’est qui qui porte le pantalon dans tout ça ?

 

 

 

ARTICLE REDIGE PAR : FRENCH NAIL

Commenter cet article